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L’expression du jour.

“Si atropeyas a alguien, matalo bien.”

Traduction : “Si tu renverses quelqu’un, tue-le bien”.

Pour nous rendre à l’université, nous devons traverser un boulevard de pas moins de 2×5 voies. Nous nous sommes donc rapidement rendus compte qu’à l’inverse de la France, les piétons sont loins d’être les rois. Parfois, lorsque tu traverses et qu’une voiture arrive un peu plus loin, elle accélère pour te faire peur et te forcer à dégager le plus vite possible (Drôle). Même si tu traverses sur un passage piéton, il est hors de question pour eux de ralentir, tu n’as qu’à attendre que la voie se dégage.

Cela ne se vérifie en revanche que dans la pratique, puisqu’en théorie, c’est aux voitures de faire attention aux piétons. Ce qui nous amène donc à l’utilisation de l’expression du jour. La logique mexicaine est la suivante : “Si tu renverses quelqu’un, il te coûtera moins cher de payer ses funérailles, plutôt qu’une pension à vie”. Mieux vaut donc viser le strike, quitte à repasser une deuxième fois en arrière pour un joli spare.

Oui bon, j’ai été dans le passé un très bon médiocre joueur de Wii Bowling. D’où cette superbe métaphore.

Quentin

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La réflexion du jour.

“Si tu postes les photos de tes échographies sur Facebook, tu es trop jeune pour avoir un bébé.”

C’est un fait : beaucoup de mexicaines ont des enfants très jeunes. Deux raison principales à cela : Les jeunes ont tendance à ne pas se protéger, et l’avortement, interdit dans plusieurs états, est très mal vu. Du coup, il n’est pas rare d’être en classe avec plusieurs étudiantes enceintes, et certains de nos camarades sont déjà parents.

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Festival del Globo: Acte manqué.

Ce week-end, León accueillait comme chaque année le Festival Internacional del Globo, “plus grand festival d’Amérique latine”. Le concept est on ne peut plus simple : c’est un rassemblement de centaines de montgolfières dans le plus grand parc public de la ville, lesquelles s’élèvent toutes au même moment, au lever du soleil. Autant dire, du bonheur pour les yeux, comme vous pouvez l’imaginer.

Cet évènement était présent sur notre liste de choses à faire avant même notre départ. C’était à vrai dire le seul évènement qui faisait que nous connaissions León avant notre départ. Malheureusement, en ce week-end prolongé, nous avions d’autres plans (cf. Un week-end au Paradis.) et nous avons été contraints de manquer ce spectacle. Cela étant dit, se lever un samedi ou un dimanche avant le lever du soleil, ce festival a quand même quelque chose d’inhumain. Pas de regrets.

Mais je pense à vous, c’est pourquoi je tiens à vous faire partager quelques photos prises par une amie mexicaine, qui a eu le courage de se lever. Respect.

Quentin

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Un week-end au Paradis.

On a longtemps voulu nous faire croire que pour atteindre le Paradis, il fallait réaliser son lot de bonnes actions, et se repentir auprès de Dieu pour nos mauvaises. Eh bien figurez-vous qu’on s’est bien foutu de notre gueule.

Pour atteindre l’antichambre du Paradis tout d’abord, il vous suffit d’acheter un billet de bus pour la Huasteca Potosina, s’enfoncer un peu dans la jungle jusqu’à atteindre un village, louer un gilet de sauvetage (20 pesos, le Paradis est à ce prix!), longer une falaise, passer sous une grande cascade d’eau, escalader un peu… et profiter. Au milieu de nulle part, une pure merveille de la nature. Une eau si bleue qu’elle en ferait mal aux yeux, une cascade magnifique surplombant quelques petites grottes, et petit point d’orgue dont on n’aurait pu profiter si ce foutu Nirvana était situé à Arras : un soleil de feu. Le tout, ouvert à la baignade. De quoi pleurer de bonheur.

Malheureusement, si tu pars en voyage organisé, le bonheur est une offre à durée limitée, et au bout de quelques heures, il est temps de faire demi-tour. Direction le vrai Paradis cette fois-ci? Non, parce qu’il te reste avant une dernière épreuve pour prouver ta valeur, le tout dans un cadre tout aussi magique : quelques kilomètres dans un grand canoë, à ramer jusqu’à s’en faire fondre les épaules, pour admirer l’une des plus belles cascades du monde (source officielle: mexicains chauvins, si ce n’est un pléonasme). 110 mètres de haut pour 300 mètres de large, de quoi se sentir plutôt petit.

Après une nuit à l’hôtel, une petite heure de car et 30 minutes de marche en pleine jungle, le temps était venu pour le clou du spectacle. Et je pense que cette fois, cela se passe de commentaires. Si les photos peuvent retranscrire un quart de ce que nos yeux ont vécu, j’en serais très heureux pour vous.

Le swag, même en gilet de sauvetage.

Quentin

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L’échange culturel, une réalité.

Depuis que nous sommes arrivés au Mexique, notre espagnol a beaucoup progressé. Mais l’échange culturel n’est pas à sens unique, et nos amis mexicains disposent déjà de bases solides en français. La preuve.

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici.

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Et sinon…

Et sinon, aujourd’hui, une certaine Audrey F., brave camarade de classe de l’IUT Lyon 3 et actuellement assistante de français dans un collège anglais proche de Cambridge, s’est teint les cheveux en rouge pour une durée de trois jours. Pour préserver le peu de crédibilité qui lui reste aux yeux du monde, je ne posterais aucune photo. Cependant, pour ses amis Facebook, je vous invite vivement à aller consulter les preuves de son défi brillamment réussi, en réponse à mon passage à l’université déguisé en cow-boy.

Respect.

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Sancho Lista, art. 13 : Porter des santiags en public

Après avoir reçu le cadeau d’anniversaire de Maëlle (voire article suivant), un défi s’est imposé naturellement : aller en cours, avec mes santiags blanches comme la neige. Et comme je suis un mec qui fait bien les choses, j’y ai mis la manière en accompagnant ces bottes du chapeau de cow-boy, deuxième moitié du cadeau de Maëlle, ainsi qu’une chemise bien “ranchera”. Le reste se passe de commentaires. Les photos seront plus parlantes que n’importe quel discours. Dans l’ordre chronologique, c’est mieux.

Au moment de quitter l’appart’, la joie de vivre se lit sur mon visage

Dans la rue, devant notre immeuble

Devant la fac, la situation se complique. On arrive en plein milieu de la pause de 10h. Soit le moment où il y a le plus de monde dehors.

Dans la position du loser en école primaire. Tout le monde se fout de ma gueule.

Enfin, l’arrivée en cours.

Manque de pot, quelque chose m’avait échappé. Ce jeudi était le jour des photos individuelles officielles pour les étudiants mexicains de l’UDL. Conséquence immédiate : ils étaient à 95% habillés en costume-cravate ou tailleur noirs. L’occasion était trop belle, nous avons donc fait quelques photos de groupe…

Défi réussi.

Quentin

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20 ans au Mexique: Naissance d’un Sancho

Ce mardi 15 novembre, je fêtais mes 20 ans. Une journée toujours particulière, et peut-être un peu plus quand tu entres dans une nouvelle décennie à l’autre bout du monde. Et tout a commencé de manière très un peu bizarre, en cours de Sentido de la vida. Bien entendu, Maëlle, qui sent toujours ce genre de coups foireux n’a pas manqué de faire remarquer à haute voix au prof que c’était mon anniversaire. Celui-ci m’a alors demandé de me lever, de venir au tableau, pour que chacun des élèves de la classe vienne me faire un câlin. Nous sommes plus de trente dans cette classe. Le temps a été très long. D’autant plus que pendant que j’enchaînais les accolades, Maëlle ne se relâchait pas et était en train de persuader la maya autiste et peut-être schizophrène de la classe pour qu’elle aussi obtienne son câlin. Elle y a donc eu droit.

Le suite de la journée s’est finalement passé plutôt normalement : j’avais le droit à un hamburger gratuit chez Rockstar Burger, le meilleur restaurant de hamburgers du coin. Finalement je n’ai pas pu bénéficier de l’offre, puisque “ça ne marche que si vous êtes au moins six”. Evidemment.

Maëlle avait prévu d’inviter tous nos meilleurs amis mexicains et francophones pour une présoirée à l’appart’, nous sommes donc allés faire quelques courses. Le temps de croiser des fusils et Chelito Delgado. Et en rentrant, j’ai eu la surprise de retrouver ma chambre pleine de confettis, un immense message d’anniversaire et un cadeau sur mon lit. Une chemise à carreaux, base n°1 de mon style vestimentaire. Premier cadeau, finalement le plus normal. Patience.

Le soir arrive enfin, nous sortons de cours à 21 heures (NORMAL), et nous retrouvons donc nos amis à l’appart. Programme très simple, très mexicain: bière, chips, tequila. Vient aussi le temps des cadeaux. Moune m’offre une trop belle peinture faite par lui-même, Lisa un t-shirt Tortues Ninja (les t-shirts ringards, base n°2 de mon style vestimentaire) et Maëlle me tend alors SES cadeaux. Une vague d’angoisse m’envahit. Je la connais trop bien pour me réjouir. J’ouvre le premier et trouve…. un chapeau de cow-boy, blanc*. Très dur, mais bien joué, il faut le reconnaître. Mais le plus dur est encore à venir, puisque Maëlle me tend un deuxième carton, contenant… des santiags. En cuir et peau de vache. Blanches. Horriiiiibles. J’ai désormais tout à disposition pour devenir un véritable Sancho.

Presque un Sancho, ne manque que la moustache.

Je n’ai jamais vu cette femme, derrière cet homme, qui n’est d’ailleurs absolument pas moi.

Et c’est alors que, même si je suis tout à fait sobre, je m’auto-lance le défi suivant : “Jeudi, je viens en cours habillé en Sancho.” Histoire de remettre un coup à la Sancho Lista.  La soirée se poursuit, et vient l’heure du gâteau. Suivant la tradition mexicaine, je mords dedans avant de le couper, histoire de me faire avoir comme un bleu et me retrouver la gueule écrasée dedans.

Minuit arrive, le voisin du dessous aussi pour nous dire de dégager ou la fermer. Nous choisissons la première option, direction La Cantinita, un bar avec concerts plutôt sympa. On m’offre alors un gros ballon d’anniversaire et une bouteille de tequila. Histoire de finir tranquillement cette soirée avec “la famille mexicaine”, que je vais vous présenter :

Los Sanchos représentent toujours au Mexique

Rodrigo “el culero”

Luisito et un tacos (il me manque déjà)

Marianita

Moune “le blédard” (il rend toutes les photos floues, impossible de faire la mise au point!)

Lisa

Zurdo

Kena “la perra”

Leo “hijo de mayas”

Gracias weyes !

Quentin

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* je sollicite l’avis, et la tolérance des lecteurs de ce blog à propos de la Sancho Lista. Il s’avère que l’article 2 de notre chère liste est “acheter un sombrero”. Seulement, nous n’avons jamais vu de mexicain portant un sombrero dans la rue. Cependant, tout bon vieux mexicain qui se respecte, portant santiags et moustache, porte également un chapeau de cow-boy, qu’ils appellent également “sombrero”. Je pense donc que l’achat de ce chapeau devrait suffire à considéré comme réalisé l’article 2. Non?

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Curiosité de la grammaire mexicaine…

C’est bien la peine de se faire chier depuis des années à essayer d’apprendre les bases de cette magnifique langue qu’est l’espagnol, si lorsque l’on arrive (enfin) dans un pays hispanophone, la langue parlée n’est plus la même ! Outre les différences flagrantes au niveau du vocabulaire, ce qui peut aisément se comprendre, rien qu’en prenant l’exemple franco-québécois, il s’avère que la grammaire mexicaine comporte certaines différences avec la grammaire castillane. Je vais essayer de vous expliquer le mieux possible l’exemple le plus fragrant…

L’utilisation de la deuxième personne du pluriel

Pour vous expliquer l’utilisation de la deuxième personne du pluriel, je dois d’abord passer par l’utilisation du vouvoiement.

Le vouvoiement en espagnol est marqué par les pronoms “usted” (si l’on s’adresse à une personne) et “ustedes” (si l’on s’adresse à plusieurs personnes), et s’utilise en conjuguant le verbe souhaité à la troisième personne, du pluriel ou du singulier, suivant la situation, bien entendu. C’est donc bien différent de la langue française qui se contente d’utiliser la seconde personne du pluriel, quelle que soit la situation de vouvoiement.

Pour ce qui est de la conjugaison des verbes, la langue espagnole (castillane) est très proche de la langue française, et l’on retrouve la racine de nos pronoms français dans les pronoms espagnols : Yo, tú, el/ella, nosotros, vosotros, ellos/ellas. Bien entendu, chaque personne amène une terminaison différente, comme en français.

Seulement, voilà. Dans l’espagnol “mexicain”, la deuxième personne du pluriel (vosotros) disparaît, ainsi que sa terminaison (en -ais, -eis, -ís) pour laisser la place… au vouvoiement pluriel. En gros, à chaque fois que tu dois t’adresser à plusieurs personnes, que tu les connaisses ou non, tu les vouvoie, en utilisant le pronom “ustedes”, tout en conjuguant ton verbe à la troisième personne du pluriel.

Ah, les mystères de la conjugaison, c’est ma passion. [IRONIE]

Je tiens à remercier sincèrement la personne qui aura lu cet article jusqu’au bout. Je suis conscient de la difficulté que ça a du être, je viens de l’écrire et de le relire.

Quentin

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J’ai croisé une vieille connaissance… sur du pain de mie !

Alors que je me baladais tranquillement dans les rayons de la Comercial Mexicana, mon regard a été attiré par un paquet de pain de mie :

Et c’est là que vous dites : “C’est qui lui?”. Lui, c’est César “Chelito” Delgado, joueur argentin de foot professionnel (comme sa tenue le laisse penser) qui après avoir joué pour le club mexicain de Cruz Azul, joue aujourd’hui pour un autre club mexicain, Monterrey. Ce qui en ferait donc un joueur relativement médiocre comme la majorité de ceux qui jouent dans ce championnat, si seulement il n’était pas passé entre temps par la case OL. Malheureusement trop souvent blessé, il ne s’est jamais vraiment imposé à Lyon, même si il a quelque chose de spécial, et notamment la grinta argentine, ce qui en faisait l’un des chouchous du publics lyonnais.

Tout ça pour se retrouver sur des paquets de pain de mie mexicains.

Pour les amateurs de beaux gestes, une petite compil’ de Chelito :