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“Le soulèvement des machines” (à laver)

Je savais que derrière Terminator se cachait un message profond. J’aurais dû faire plus attention.

En effet, notre machine à laver, après avoir inondé l’appart à trois reprises, est finalement allé plus loin dans sa rébellion…

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est vicieuse. Elle a parfaitement choisi ses cibles pour toucher en plein coeur : une veste tout juste achetée la veille par Maëlle, mon t-shirt How to make it, introuvable en France (ni au Mexique), et donc, ce pauvre pantalon. C’est pas grave, c’est pas comme si c’était mon pantalon préféré. [touche d'ironie indétectable à l'écrit]

Ce que je vais dire maintenant pourrait choquer certaines personnes. Si vous le souhaitez, je vous autorise à arrêter votre lecture ici.

Dernière chance pour arrêter de lire.

Sale pute.

Cordialement,

Quentin

4

El Cristo Rey

Vivre dans un pays étranger vous amène à faire des choses totalement improbables.

Pour illustrer cette phrase, je pense que notre sortie à Cristo Rey est toute indiquée.

Cette “Marche Juvénile” nous a été proposée par notre ami Zurdo. Il nous avait présenté cela comme un évènement rassemblant des dizaines de milliers de jeunes, se rendant un soir à la montagne pour faire la fête, marcher un peu jusqu’au sommet afin d’admirer le lever du soleil sur la montagne et le “Cristo Rey”, statue semblable au Corcovado de Rio (mais si, ce grand Jésus surplombant la ville).

De fait, cette description est plutôt fidèle, à l’exception de deux points. D’abord, la notion de “marcher un peu” ne doit pas être la même en France et au Mexique. Pour moi, “marcher un peu”, c’est “marcher une heure”. Pour eux… vous n’avez qu’à lire la suite de l’article. Le deuxième point, c’est que notre ami Zurdo a oublié de mentionner le caractère religieux de cette fête.

Enfin, passons au déroulement de la soirée, vous allez comprendre.

Aux alentours de minuit, nous avons retrouvé une trentaine de jeunes inscrits à la Marche, dans ce qui semblait être la maison de l’un d’eux. Autour d’un café, nous avons regardé trois court-métrages, dont l’utilité m’est encore inconnu. J’ai cru comprendre que chacun d’eux portait une morale très forte sur le sens de la vie. Une manière peut-être de réfléchir à notre rôle sur Terre, à ce que nous représentons face à Dieu, et tout et tout. Bref.

A une heure du matin est arrivé notre bus, qui nous a emmené au pied de la montagne. Arrivés là-bas, nous nous retrouvons face à une foule gigantesque, qui à vue d’oeil, devait atteindre les 20.000 jeunes, tous réunis autour d’une grande scène de concert, où pendant plus de trois heures se sont succédées le chansons religieuses, avec une ambiance de stade de foot, un soir de Clasico.

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici.

3 heures de concert chrétien, c’est drôle, mais c’est long. Alors, on a décidé de se caler dans un coin, pour faire un petit somme. Mais bon, à 3h30 du matin, à plus de 2000 mètres d’altitude, la température avoisine à peu près les -150.000°C. Alors tant bien que mal, on s’est couverts, on s’est couché dans un coin et on a tenté de fermer les yeux. Avec toujours en fond sonore, des milliers de gens criant le nom du Pape ou de Jésus, comme ils acclameraient Léo Messi.

Avec Mary et Zurdo, avant d’aller dormir

Heureusement, L’heure fatidique est arrivée. A 5h30, après un ultime discours de Padre Miguel, tout ce beau petit s’est levé pour prendre la route. Et c’est là qu’intervient la notion mexicaine de “marcher un peu” : il nous a fallu 4 heures pour atteindre le sommet de la montagne et le grand Jésus. 4 heures de montée, dans le froid et pendant un certain temps dans la nuit. 4 heures, c’est long.

J’en suis venu à me faire la réflexion suivante : cette marche a un petit air de Tour de France, version Mexique. A plusieurs points stratégiques de la montée se trouvaient des petits stands où de braves mexicains distribuaient de l’eau et des boissons énergétiques, alors que quelques badauds (qui a osé inventé ce mot?) nous regardaient passer au bord de la route. Le côté “blédard” “mexicain” était assuré par des vendeurs de donuts, qui hurlaient que leurs donuts étaient bons, étaient chauds.

Mais le vrai intérêt de cette marche pour une personne athée comme moi, qui ne se sent pas plus proche de Dieu après avoir marché 4 heures dans le froid, a fait son apparition aux alentours de 7h30, quand le soleil s’est (enfin) décidé à se lever. La vue s’est alors avérée absolument magnifique…

A ce moment, et alors que l’on voyait le Cristo Rey, à quelques mètres au-dessus de nous, il nous a fallu pas moins d’une heure et demie pour l’atteindre, puisque, route de montagne oblige, on a dû tourner autour, au lieu de tirer tout droit jusqu’à lui par les escaliers, ce qui aurait été bien trop pratique.

A 9h30, enfin, nous voilà arrivés au Cristo Rey, et nous voyons des groupes de jeunes courir pour aller le rejoindre au plus vite… Normal. Une fois en-dessous, à le regarder depuis tout en bas, la réflexion qui nous vient à l’esprit est : “Tout ça pour ça?!”

Mais bon, tout compte fait, c’est vrai qu’il est plutôt impressionnant ce Jésus, même si, d’après Maëlle :

“Pff, il lui ressemble pas… Regarde son regard, c’est pas du tout le regard de Jésus !”

Une fois notre mission divine accomplie, le temps était enfin venu de redescendre de quelques mètres, pour aller profiter du petit village, monté de toute pièces pour l’occasion, et composé uniquement de stands de nourriture traditionnelle mexicaine. Autant dire un régal. Après quelques quesadillas, et avant de rejoindre notre bus, nous avons quand même trouvé le temps de faire une sieste en plein milieu de la rue. Encore une fois, normal.

Mais, ce qui reste pour moi le meilleur moment de cette journée, fut à notre retour à León après 3 heures de bus, quand Zurdo nous a invité à manger le molé, un plat mexicain proche du mafé, chez ses voisins. Nous nous sommes donc retrouvés en plein ghetto mexicain, avec des motos tunées, des enfants qui courent partout (dont un enfant de 5 ans qui m’a tchecké), dans une maison avec une bâche en guise de porte. Et nous, dans tout ça, savourant notre molé, en écoutant les anecdotes familiales sur les sérénades. Oui, les mexicains font la sérénade. Et ça, ça n’a pas de prix.

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Quand on vous dit que vivre dans un pays étranger vous amène à faire des choses totalement improbables.

Quentin

1

La boisson du jour

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La “michelada”

Non, je n’ai pas vomi dans mon verre. Ceci est bien une boisson typiquement mexicaine.

La “michelada” est préparée à base de bière, dans laquelle on ajoute du jus de citron, une pincée de sel, et bien sûr, de la sauce pimentée. Après avoir ajouté du sel sur le bord du verre, vous êtes prêts à déguster. Pour être honnête, je m’attendais à pire, mais ça ne vaut tout de même pas une simple bière bien fraîche. Mais je valide.

2

Avis de recherche

Voilà, après un mois de vaines recherches, à demander aux mexicains “¿Dondé puedo encontrar… euh… patafix?”, à leur expliquer que cela ressemblait à du chewing-gum, mais qui ne se mange pas et permet de coller des photos au mur, j’ai fini par en trouver.

Et effectivement, c’était difficile pour eux, parce qu’en fait ici ça s’appelle… Patafix. Putain.

Bref, toujours est-il que j’ai pu accrocher des photos de ma famille et mes amis au-dessus de mon lit. Comme ça, quand je me sens seul, le soir, je prends une tasse de chocolat, m’enroule dans ma couette, et pleure à chaudes larmes pendant des heures, en songeant à mon passé, si loin, si proche… Je me dévoile peut-être un peu trop.

Enfin, si j’écris ses quelques lignes, c’est parce que j’ai constaté que mes photos représentent non seulement mes parents, mon frère, mes amis, mais aussi cet homme :

Qui es-tu? Pourquoi es-tu sur cette photo de mon frère et moi? Tant de questions sans réponses.

Alors, toi, vieil homme de Times Square, si un jour le hasard t’amène sur ce blog, sache que tous les soirs, je pense à toi avant de m’endormir. Bisous.

Quentin

3

Le dialogue du jour

Chez un vendeur de tacos quelconque :

La serveuse : Et pour boire, qu’est ce que vous voulez?
Maëlle : De l’eau s’il vous plaît.
La serveuse : On n’en a pas.
Maëlle : Ah, bah un Sprite alors.

5

Sancho Lista, Art. 1 : Croquer dans un piment

J’ai fini par réaliser le défi que je craignais le plus. Et le moins que je puisse dire, c’est qu’il s’est réalisé dans des conditions inattendues : à la mi-temps de León-Irapuato, un de mes amis m’a tendu un énorme piment, acheté à un des vendeurs de tortas qui circulent dans les tribunes pendant tout le match.

Il m’aura fallu une torta, de la bière et une glace pour revenir sur Terre. Je pense que le reste se passe de commentaires.

A noter, une nouvelle illustration de la gentillesse des mexicains : cette fille, qui m’a apporté sa propre bière pour éteindre le feu dans ma gorge…

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici. Enfin, si vous voulez.

6

Mon prénom, mon problème…

Depuis que je suis arrivé au Mexique, tout va pour le mieux. A l’exception d’un tout petit problème…

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici.

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Sancho Lista, Art. 34 : Aller au stade voir un match de León

Pour mon tout premier rendez-vous avec l’Estadio León, j’ai plutôt bien choisi mon match : le Clasico del Bajio. Ce Clasico, made in deuxième division mexicaine, oppose León à Irapuato, deux villes séparées de quelques kilomètres. Une sorte de OL-ASSE, version mexicaine. Autant dire que l’ambiance s’annonçait chaude.

La chaleur a commencé à monter sérieusement dans la rue avant le match, avec un cortège de supporters de León qui traversait la ville avec des banderoles, des chants, et aspergeant tout le monde avec des extincteurs. Impressionnant.

Au niveau spectacle, ça change des soirées Champion’s League, mais ça reste franchement correct. Et comme pour ce genre de match, il faut un scénario spécial, on a eu droit à un dénouement digne des plus grands matchs : l’ouverture du score d’Irapuato à la 88ème a jeté un gros froid sur le stade, mais à la 92ème, León a égalisé!

Ce match aura aussi été l’occasion de voir à l’oeuvre Cuhuatemoc Blanco, légende du football mexicain. Et il faut avouer que malgré ses 38 ans, ses 190kg et son caractère de merde, il reste au-dessus techniquement.

Tout ça pour dire que ça fait plaisir de retrouver l’ambiance d’un stade, et que j’y retourne dans deux semaines. Qué bueno.

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La réflexion du jour

“Je suis ami avec des rockeurs, fans d’Alizée, qui adorent le foot. Je ne peux être qu’au Mexique.”

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Université française vs. Université mexicaine – Round 5

En France, en cours de médias, on étudie l’histoire de la radio, ses forces et faiblesses face aux autres médias.

Au Mexique, on éteint la lumière et on écoute des chansons d’amour.

Le Mexique a vraiment quelque chose en plus.