Carnets de voyage: Chiapas, Jour 3.

Le programme du jour était plutôt varié. De la route. De la route. Et un peu de route, aussi. Près de 5 heures de route de montagne, entre San Cristobal et Palenque. Et encore une fois, ce fût l’occasion de voir un peu de tout, allant du magnifique au plutôt désagréable.

Quand j’étais petit, j’ai vite compris que manger les légumes en premier me permettait de finir avec le meilleur et donc de garder un bon goût dans la bouche. Je vais donc commencer par le côté de désagréable du voyage. Tout d’abord, elle est jonchée de « topes », des ralentisseurs ultra-secs qui t’obligent à t’arrêter quasiment pour les franchir. Leur fréquence est variée, mais lorsqu’on traverse des « villages » mayas (les guillemets, c’est pour faire passer que « village » est un bien grand mot), on en trouve presque tous les 100 mètres. Le temps passe donc lentement.

Et ces ralentisseurs me permettent d’embrayer sur le deuxième point désagréable du voyage : les enfants. Il se trouve que les mayas sont futés, et comprennent qu’au niveau des ralentisseurs, tu es particulièrement vulnérable. Ils se jettent donc contre tes vitres pour te proposer des trucs à vendre. Et bien  sûr, comme tout bon blédard qui se respecte, un « non merci » est loin d’être suffisant, et il est parfois difficile de se débarrasser d’eux. Eh oui, ils ont aussi compris que s’ils se mettent devant la voiture, tu ne peux pas avancer. Autre technique d’approche des mini-mayas, plus dangereuse et pour le coup très désagréable : quand tu arrives à quelques mètres d’eux, ils tendent une corde au niveau du pare-chocs. Obligé de piler, tu laisses l’opportunité à leurs potes de se jeter contre tes fenêtres, et le manège recommence. Non, vraiment, c’est pas cool.

Pour faire la transition entre le bon et le moins bon de ces cinq heures de route, je voudrais parler des éboulements. Transition parce qu’ils font flipper, mais qu’ils sont quand même marrants. J’avais rapidement évoqué ces « trous » dans la préface de cette rubrique, mais là, leur présence s’est démultipliée comme des Gremlins touchés par l’eau. Il se trouve que tout au long de la route, on retrouve des panneaux « Trou à 100 mètres » ou « Eboulement à 100 mètres ». Et 100 mètres plus loin, il manque parfois plus de a moitié de la route. Merci de nous prévenir.

Ce voyage de 5 heures, heureusement, contient quelques points positifs. Et heureusement, au final, ils prennent le dessus sur le négatif. Tout d’abord, le paysage est absolument magnifique. C’est une vraie jungle, avec par-ci par-là (mais très régulièrement) des cabanes habitées par des paysans. Si vous cherchez le « Mexique profond », c’est par là, sans aucun doute. Je ne sais pas pourquoi, mais le décor m’a vraiment fait penser aux BDs de Tintin et Largo Winch, et je m’imaginais en pleine course poursuite dans ces routes sinueuses. Si seulement il n’y avait pas ces fichus « topes » (d’ailleurs, il n’y en a jamais dans les films…). Bref. Non, c’est vraiment très beau, et on monte tellement haut, que forcément à un moment, la vue s’en fait ressentir.

Le deuxième point fort de cette après-midi passée à rouler, ce fût le seul et unique arrêt : les Cascades de Agua Azul (« Eau Bleue »). Une magnifique succession de cascades, dont l’eau est d’une magnifique couleur… marron. Perdu. Il se trouve que ces cascades sont la majorité de l’année d’un bleu turquoise magnifique. Seulement voilà, en période de pluie, l’eau devient marron. Certes, c’est bien moins beau, mais ça n’en reste pas moins impressionnant. Et les stands de vente de souvenirs et de bouffe, à peine touristiques (L.O.L.) sont à voir également, et nous accompagnent tout au long de la montée vers le sommet des cascades. À faire.

Arrivés à l’hôtel en début de soirée, juste le temps de se reposer, se baigner un peu et faire quelques billards, avant le repas de Noël au restaurant de l’hôtel. Un Noël en petit comité ne vaut jamais un Noël en famille nombreuse. Mais quand deux blédards septuagénaires nous offrent un concert de xylophone en duo, les débats s’équilibrent quelque peu.

Il est 7 heures du matin chez vous, je vous laisse récupérer tranquillement. Et rappelez-vous ce proverbe mexicain sur la gueule de bois : « Un verre de tequila au réveil. Si ça ne te guéris pas, ça te fait oublier ».

Joyeux Noël.

Quentin

2 Responses to “Carnets de voyage: Chiapas, Jour 3.”

  1. super mamie S. dit:

    Hou la la … ça fait flipper votre voyage !
    heureusement l’hôtel et le réveillon vous ont réconfortés au bout de ce périple !
    bisous

  2. Mami CL dit:

    Que d’aventures!!!!
    mais ça en vaut la peine!Vivement la suite des” Aventures de QUENTIN Au MEXIQUE!”
    Bises

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