Week-end épique à Guadalajara

Depuis mon arrivée il y a plus de six mois, je n’étais pas encore allé à Guadalajara. Une honte, qu’il fallait corriger au plus vite. Du coup, il y a quelques semaines, le rendez-vous était pris avec quelques-uns de mes bros du foot. Nous irons à Guada’ le week-end du week-end du 10 mars, et on profitera pour faire un tour au Stade Omnilife, à l’occasion de Chivas-Cruz Azul.
Et pourtant, on a bien failli ne jamais partir. La veille du départ, un célèbre narco-trafiquant est arrêté et la ville prend feu sous les représailles. Résultat : quelques fusillades et 45 voitures brûlées. Finalement, après de longues minutes de débat, nous arrivons à la conclusion que la sécurité va être ultra renforcée, d’autant plus aux abords du stade. Donc, pas de danger. Nous prenons donc la route de bonne heure, le samedi matin.

Pas encore sortis de León, des tas de journaux sont exposés aux feux rouges. Les gros titres commencent à nous faire légèrement regretter : “Terreur à Guadalajara”, “Un air d’apocalypse”… Finalement, après deux heures de route, nous arrivons sur le champ de bataille pour y trouver… une ville absolument paisible, sans aucune trace des affrontements de la veille. Par contre, on ne s’était pas trompés sur l’aspect “sécurité” puisque moins d’une heure après notre arrivée, nous sommes arrêtés sur le bas-côté pour être fouillés. Toute la voiture est passé au peigne fin… sauf le coffre. La Police de Guadalajara, élite du pays. Le temps de se manger une petite “torta ahogada”, la spécialité locale (torta plongée dans la sauce), nous partons faire un petit tour en centre-ville. Ici, les Unes de journaux laissent plus de place au match du soir qu’aux évènements de la veille. Preuve que finalement, c’était pas si terrible.

N’ayant toujours pas de billets pour le stade, nous en prenons vite le chemin. Nouvelle surprise, le trophée de la Ligue des Champions (européenne, oui oui) sera présentée le soir-même et exposée à la sortie du stade. Pour patienter, un mini-musée de la Ligue des Champions est mis en place, avec quelques objets qui valent le détour pour les fans de foot : une chaussure portée par Messi lors de la finale 2009, le maillot porté par Abidal lors de la finale 2011 et avec lequel il a brandit le trophée le premier)…

A côté de ça, des jeux sont mis en place, avec pour chaque participant des cadeaux estampillés Heineken (partenaire officiel) et Champion’s League. Du coup, je suis reparti avec une serviette d’un format plutôt bizarre (environ 1m70 de long pour 20 cm de large… tiens tiens…).

La match a ensuite été tout simplement épique, tout comme le show grandiose proposé à la mi-temps pour la présentation du trophée. Entendre résonner l’hymne de la C1 dans un stade, ça donne des frissons, et peut-être encore plus ici, quand tu es l’un des seuls dans le stade à l’avoir déjà entendu en direct. Dire que la seule année où je n’irais pas voir de matchs de Ligue des Champions, celle-ci vient à moi…  Niveau football, mené jusqu’à la 88ème minute, Chivas a réussi à inversé la tendance pour finalement s’imposer à la 93ème dans un stade en fusion. L’un de mes grands souvenirs de stade.

Après le match, même si le désir était grand de faire une photo avec le trophée, la file de près de 10000 personnes nous a vite découragée, alors nous sommes partis. Direction Domino’s Pizza. Bière, chips, pizza dans une chambre d’hôtel en regardant des résumés de matchs de foot : un homme peut-il rêver meilleure soirée avec ses bros ?

Et le lendemain, alors que le voyage semblait toucher à sa fin, il a finalement pris une autre dimension. Après un repas chez un ami, nous sommes allés à quelques minutes de sa maison pour y trouver… le Stade Jalisco. Alors, ce stade, ce n’est pas n’importe quel stade. Et surtout pour un français. C’est ici qu’en quarts de finale du Mondial 1986, l’Equipe de France a battu le Brésil de Zico aux tirs aux buts. Autant dire un monument. Après avoir (à peine) négocié avec le responsable de la sécurité, il nous a laissé entrer. C’était la première fois que je pénétrais dans un stade absolument vide, et c’est vraiment impressionnant. A vrai dire, il paraît même plus grand. Et ce qui est fou, c’est que ce stade a vraiment quelque chose en plus. Rien n’a été rénové, et les seules marques de notre génération sont les quelques bouteilles de Pepsi vides, abandonnées entre les sièges. Sinon, on se croirait à une autre époque.

Finalement, alors que le week-end aurait pu tourner au cauchemar, il aura été un rêve éveillé d’un bout à l’autre. Et comme on dit (ou pas), “trop de football, c’est encore pas assez”.

Quentin

2 Responses to “Week-end épique à Guadalajara”

  1. gabo dit:

    Como siempre, excelente tu editorial, carnal! Y sí, fue un fin de semana de ensueño!!!
    “Trop de football, c’est encore pas assez”!

  2. Mami Cl dit:

    Quel WE d’enfer pour un grand fan de foot!!!

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