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La douce saveur de la compétition

Ecrit par lossanchos dans (Sur)Vivre au Mexique, La Ciudad de León

Depuis quelques semaines, j’ai découvert un concept qui – et c’est très malheureux – n’existe pas en France. Il se trouve que dans toute la ville se trouve des regroupements de demi-terrains de foot synthétiques. Sur la plupart de ces terrains s’organisent des tournois amateurs. C’est-à-dire que n’importe qui peut créer une équipe, il lui suffit juste de payer l’inscription et la rémunération des arbitres (officiels, s’il vous plaît) à chaque rencontre. Des matchs de deux fois 25 minutes, juste assez pour ne pas finir sur les genoux.

Les mecs font vraiment ça sérieusement, chaque équipe doit avoir le même maillot (du moins à peu près). Les gars de mon équipe ont choisi d’acheter le maillot que portait la Russie lors du Mondial 2010, qui est plutôt stylé d’ailleurs. Mais bon, à 70 euros le maillot, ils se sont logiquement rabattus sur “la version 50 pesos”, comme le dit très justement mon pote Gabo. C’est-à-dire que c’est le maillot de la Russie normal et tout, sauf que la qualité est forcément moins bonne et qu’ils ont rajouté un sponsor bien mexicain au milieu. Nous on a hérité de “Euromoldes”. A vrai dire je n’ai même pas trouvé ce que c’était sur le net, probablement une entreprise fantôme. Dans le même genre, encore plus drôle, j’ai croisé un mec dans la rue avec un maillot de l’Allemagne ayant comme sponsor “Tacos Hernandez”. Cherchez l’erreur.

Bon, pour l’anecdote, ce début de tournoi est ce qu’on appelle une promenade de santé pour nous. Quatre victoires en Quatre matchs, 19 buts marqués. Je sais que ce sera difficile à croire pour mes lecteurs qui m’ont déjà vu jouer en France, mais ici j’ai entrepris une reconversion en avant-centre, avec au passage cinq buts en trois matchs. Eh oui. Eh oui.

Quentin

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Ménage de printemps pour la venue de l’Ancêtre

Ecrit par lossanchos dans (Sur)Vivre au Mexique, La Ciudad de León

Je vous l’ai dit les amis, le Pape débarque à León. Comme par hasard, il faut que ça tombe sur moi, qui aime tant les conversations sur la religion et le fanatisme mexicain. A priori, il arrive le mercredi 23. C’est bien un mercredi le 23 au moins ? Non seulement le trafic sera suspendu sur les principaux axes – et donc dans toute la ville – mais la municipalité veut faire le grand ménage. Objectif : paraître occidentaux. La bonne blague.

Du coup, on va gentiment demander à tous les SDF de León d’aller voir si on y est dans une autre ville loin de son Altesse Ben’, parce que des clochards, ça fait sale, et après le Papy il va croire qu’il y a des pauvres chez nous. Mais y-a-t’il seulement des riches ? Deuxième étape : on vire tous les vendeurs ambulants, que ce soient des vendeurs de tacos, de tamales, de fruits, ou je ne sais quoi. En gros, on retire à peu près 80% des sources d’alimentation quotidiennes de la population. Ah non,pardon. En fait, tous les autres restaurants, magasins et autres prestataires de services seront également fermés.

Finalement, nous en sommes réduits à préparer un stock de nourriture, penser à recharger le gaz, retirer de l’argent (les distributeurs ne seront bien évidemment pas rechargés pendant 4 jours) et nous enfermer dans notre appartement, pour éviter les foules de zombies fanatiques en délire. Et le Pape va passer, serein dans sa Batmobil, satisfait de voir que les Pauvres le vénèrent, lui et ses habits de velours bordés d’hermine.

Et si ce n’était pas assez, il fera sûrement un discours poignant où il leur révèlera que les capotes, c’est pas bien. C’est pas comme s’il y avait déjà beaucoup de jeunes mères célibataires mineures (pour ceux qui débarquent ici pour la première fois et qui ne connaissent pas vraiment le Mexique : ceci est de l’ironie. Les mères célibataires mineures sont probablement plus nombreuses que les mères pas célibataires majeures).

De toute façon, on n’a pas le choix.

Quentin

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La Nuit (tous les chats sont gris)

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León

La Nuit, c’est le nom d’une boîte… de nuit. Parce que le français, ça fait toujours classe. Sauf quand on ne sait pas le prononcer. C’est ainsi qu’au début de l’année, on nous a allègrement proposé de nous rendre à La Nuite. Boîte “fresa” de la ville, c’est le club de vie nocturne le moins beauf’ de León. Et il n’y a jamais de banda !

Alors voilà, écrire un article sur une discothèque (ce mot existe-t-il toujours?), c’est à peu près autant mon délire que les discothèques elles-mêmes. Il se trouve que je ne suis pas l’un de ces “prédateurs des temps modernes”.

Mais si, vous savez les filles, ceux qui s’approchent discrètement derrière vous, tels des caméléons ayant repérés une mouche, jusqu’à ce coller à votre arrière-train en rythme avec le dernier tube de Pitbull qui résonne à ce moment-là dans la salle, et qui, si vous ne vous retirez pas immédiatement, tentent un petit bisou dans le cou. A partir de cette étape, si vous ne vous êtes pas retournées pour lui dire quelque chose de pas très sympa, vous êtes sûrement l’une de ces chiennes que l’on rencontre aussi beaucoup en boîte. Une autre race qui me plaît particulièrement. Enfin bref, si vous voulez en savoir plus, c’est vendredi à 22h35 sur Arte.

Mais bon, c’est pas comme si ça faisait jamais plaisir de faire un petit tour en boîte pour danser le mia.

Quentin

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Le (Michelle) Monaghan

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León

Au lieu d’écrire un article sur le Monaghan, je préfère vous écrire toutes les raisons justifiant un article sur le Monaghan :

  • C’est probablement le seul lieu de León où Pitbull n’a pas sa place.
  • C’est sans aucun doute le seul lieu de la ville où tu peux entendre en une soirée Adele, The Rapture, Aretha, Ray Charles, Elvis, les Beatles, Queen, M.I.A et… Yelle.
  • Il y a un billard. Gratuit. Et personne ne le monopolise, il suffit de dire “on prend les gagnants”.
  • Il y a des irlandais. Des vrais.
  • Pas un seul son de banda.
  • Le jeudi, c’est 2 bières pour le prix d’une. Jeudi social.
  • Il y a toujours quelqu’un que tu connais.
  • Des motards. Des rockeurs. Des gens bizarres.

Et enfin, la meilleure raison d’écrire sur le Monaghan : il y a un videur roux. Ici, c’est bien plus effrayant qu’un gros noir.

Quentin

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La Fer’ia pas de quoi en faire tout un plat…

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León, Les sorties

Je savais que j’avais oublié quelque chose… Pris dans la tempête de la semaine d’exams, des recherches d’études et d’une flemme incurable, j’avais oublié d’aller à la Feria. Heureusement, lundi dernier était férié pour une raison obscure. La fête du tacos? Peut-être. Enfin bref, nous avons saisi cette occasion en or pour aller profiter de l’avant-dernier jour de LA Feria.

Alors, on va sûrement me traiter de mauvaise langue, parce que je suis loin d’avoir fait le tour de tout ce qu’il y avait à faire. Je ne suis pas aller au Palenque voir des combats de coqs avant d’enchaîner sur un concert de banda ou de l’un de ces latin lovers qui me désespèrent tant. Je ne suis pas aller voir de spectacles de cirque ou de patinage sur glace. Je me suis contenté de naviguer entre les stands de bouffe et les jeux, jusqu’à finir, comme tout bon jeune qui se respecte… dans un bar.

Le principal de la Feria se concentre en 3 espaces : la bouffe, les attractions et les lieux de débauche.La bouffe prend une place conséquente et envahit l’air ambiant de ses odeurs de graisse et d’oignons. Ne vous méprenez pas, j’adore. Les attractions sont relativement cool pour une fête foraine, bien que je ne sois pas un grand expert en la matière, il faut bien l’avouer. Réputés pour être en très mauvais état, j’ai recueilli un certain nombre de témoignages (3 en fait) de jeunes racontant avec encore une boule au ventre et une larme au coin de l’oeil comment leur harnais s’était détaché pendant l’action. Heureusement, sur des attractions sans danger majeur. Mais quand même.

Quant aux bars et boîtes nuit, ils restent des bars et des boîtes de nuit. Rien de transcendant, si ce n’est ce vieil homme déguisé en Zorro, qui se balade avec une sorte de batterie permettant de te lancer des décharges électriques. Naïvement, je lui demande “Combien tu me donnes si je le fais ?”. J’avais mal compris le concept. Il faut donc payer 20 pesos pour se faire électrocuter. Ça me paraît honnête.

En conclusion, la Feria… c’est une fête foraine. Pas de quoi en faire tout un plat.

Quentin

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La Feria de León, l’Evènement de l’année. [avec un grand E]

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León

Le 2 septembre, jour de notre arrivée, environ 14 millions de personnes nous ont demandé : “En janvier vous serez là? Parce que y a la Feria!!”. Nous sommes en janvier, nous sommes toujours là. Et la feria a commencé vendredi. Pour tout vous dire, on n’y est pas encore allé, mais ça ne saurait tarder.

La Feria, c’est quoi? En gros, pour ce qu’on m’en a dit, c’est une grande fête foraine de presque un mois, avec plein de bouffe typique mexicaine et leonaise, des concerts avec les plus grands artistes mexicains, et… des combats de coqs. Eh ouais. Au début je pensais que les gens de León se touchaient un peu sur leur feria (si vous me passez l’expression) parce que voilà, c’est leur ville, ils sont fiers… Jusqu’à ce que je reçoive cette photo, envoyée depuis un restaurant de la ville de Mexico :

Le magnifique logo de la Feria de León, sur les canettes de Coca, distribuées dans tout le pays. Magnifique logo, oui. Un grand bravo à l’agence Aceituna Comunicación ? BROOOON. C’est (encore) le son de la trompette quand tu as faux à une question. Il se trouve, qu’après une enquête de plusieurs mois grâce à mes contacts dans plus de 79 pays (en fait, c’est mon pote Gabo, qui a publié l’info sur Facebook), j’ai pu découvrir que le logo de la Feria de León est presque identique à un logo actuellement en compétition pour être celui de… la ville d’Odessa… en Ukraine.

Il se trouve que cette ville cherche à changer de logo, pour être plus attractive. Une première proposition a été faite par l’agence Bohush, refusée par le conseil de la ville. Un concours a donc été ouvert au public, et parmi les 6 propositions retenues, la quasi-copie du logo de la Feria. La preuve :

Les couleurs sont les mêmes, la forme est la même, les symboles de chacune des deux villes sont représentés (l’arc surmonté d’un lion et la chaussure pour León, l’ancre pour Odessa)…

En plus d’avoir un nom de merde (aceituna signifie olive), l’agence de communication mexicaine aurait-elle aussi plagiée un ukrainien, ou bien le contraire? Ou Aceituna Comunicación a-t-elle créée aussi le logo pour Odessa ? Dans les trois cas, il y a un problème éthique, qui devrait faire couler de l’encre, étant donné qu’il commence à prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux et que des commentaires renvoyant au site de la feria ont été postés sur le site de la ville d’Odessa… Le problème pourrait être d’autant plus grand que cette proposition de logo est actuellement en tête des sondages en Ukraine et pourrait donc devenir dans les prochains jours le nouveau logo officiel de la ville.

Bizarre bizarre. Toujours est-il que ça ne m’empêchera pas d’aller faire un tour à la Feria, dont je vous reparlerais très bientôt. Avec des photos de combats de coqs, j’espère !

Quentin

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Le Rockstar Burger.

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León

Si je choisis aujourd’hui de parler du Rockstar Burger et pas d’un autre restaurant, c’est pour plusieurs raisons :

  • il est celui que j’ai le plus fréquenté depuis mon arrivée ici. Penchez-vous sur son nom, vous allez comprendre.
  • c’est probablement le meilleur dans lequel j’ai mangé.
  • il permet en quelques secondes de se rendre compte de l’écart entre le coût de la vie ici et dans votre pays froid, qui jadis fût aussi le mien.

Tout d’abord, il faut avouer que le concept du Rockstar Burger est plutôt cool. Comme son nom l’indique, il vend des burgers (et quelques salades pour les copines au régime des mecs qui viennent). L’autre partie de son nom est tout aussi importante que la première puisque chaque burger porte le nom d’un groupe de rock ou d’une rockstar. Et ils ont poussé le concept jusqu’à adapter le contenu des burgers au nom qu’ils leur étaient attribués. Ou le contraire. Bref. Par exemple, le Red Hot Chili Peppers Burger est le plus piquant du restaurant, avec double dose de piment, et le Green Day Burger contient de l’avocat. En fait, ce sont les seuls burgers dont le nom et le contenu sont reliés, mais je trouvais ça cool de souligner l’initiative.

Bref, j’en viens à mon deuxième argument, qui est… le prix. Et pour vous rendre compte de l’écart entre le coût de la vie mexicaine et française, je vais procéder sous forme de devinette. A votre avis, quel est le prix en euros de cet assortiment burger gigantesque/frites ?

La réponse, en blanc, ici : 1,94€

You know what I’m talkin’ about.

Quentin

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Festival del Globo: Acte manqué.

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León

Ce week-end, León accueillait comme chaque année le Festival Internacional del Globo, “plus grand festival d’Amérique latine”. Le concept est on ne peut plus simple : c’est un rassemblement de centaines de montgolfières dans le plus grand parc public de la ville, lesquelles s’élèvent toutes au même moment, au lever du soleil. Autant dire, du bonheur pour les yeux, comme vous pouvez l’imaginer.

Cet évènement était présent sur notre liste de choses à faire avant même notre départ. C’était à vrai dire le seul évènement qui faisait que nous connaissions León avant notre départ. Malheureusement, en ce week-end prolongé, nous avions d’autres plans (cf. Un week-end au Paradis.) et nous avons été contraints de manquer ce spectacle. Cela étant dit, se lever un samedi ou un dimanche avant le lever du soleil, ce festival a quand même quelque chose d’inhumain. Pas de regrets.

Mais je pense à vous, c’est pourquoi je tiens à vous faire partager quelques photos prises par une amie mexicaine, qui a eu le courage de se lever. Respect.

Quentin

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Sancho Lista, Art. 1 : Croquer dans un piment

J’ai fini par réaliser le défi que je craignais le plus. Et le moins que je puisse dire, c’est qu’il s’est réalisé dans des conditions inattendues : à la mi-temps de León-Irapuato, un de mes amis m’a tendu un énorme piment, acheté à un des vendeurs de tortas qui circulent dans les tribunes pendant tout le match.

Il m’aura fallu une torta, de la bière et une glace pour revenir sur Terre. Je pense que le reste se passe de commentaires.

A noter, une nouvelle illustration de la gentillesse des mexicains : cette fille, qui m’a apporté sa propre bière pour éteindre le feu dans ma gorge…

Si la vidéo ne fonctionne pas, cliquez ici. Enfin, si vous voulez.

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Sancho Lista, Art. 34 : Aller au stade voir un match de León

Ecrit par lossanchos dans La Ciudad de León, Les sorties

Pour mon tout premier rendez-vous avec l’Estadio León, j’ai plutôt bien choisi mon match : le Clasico del Bajio. Ce Clasico, made in deuxième division mexicaine, oppose León à Irapuato, deux villes séparées de quelques kilomètres. Une sorte de OL-ASSE, version mexicaine. Autant dire que l’ambiance s’annonçait chaude.

La chaleur a commencé à monter sérieusement dans la rue avant le match, avec un cortège de supporters de León qui traversait la ville avec des banderoles, des chants, et aspergeant tout le monde avec des extincteurs. Impressionnant.

Au niveau spectacle, ça change des soirées Champion’s League, mais ça reste franchement correct. Et comme pour ce genre de match, il faut un scénario spécial, on a eu droit à un dénouement digne des plus grands matchs : l’ouverture du score d’Irapuato à la 88ème a jeté un gros froid sur le stade, mais à la 92ème, León a égalisé!

Ce match aura aussi été l’occasion de voir à l’oeuvre Cuhuatemoc Blanco, légende du football mexicain. Et il faut avouer que malgré ses 38 ans, ses 190kg et son caractère de merde, il reste au-dessus techniquement.

Tout ça pour dire que ça fait plaisir de retrouver l’ambiance d’un stade, et que j’y retourne dans deux semaines. Qué bueno.