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LMC : La politique au Mexique

Ecrit par lossanchos dans La minute culturelle

En 2012, y a pas qu’en France que les choses vont bouger. Ou pas. Au Mexique aussi. Ou pas. L’occasion de présenter l’univers politique mexicain. Ou du moins sa surface.

Avant de commencer, cet article, première précision : LMC, c’est l’abréviation de “La Minute Culturelle”. Ouais, parce que je fais comme si j’avais crée un truc tellement cool qu’on pourrait le reconnaître rien que par ses initiales. Un peu comme TLMVPSP.

Deuxième précision : la politique, à la base, c’est pas trop mon truc. Je suis de la génération Game Boy. Vous savez, ces jeunes qui ont l’impression qu’on les prend pour des cons, et qui au lieu de se révolter, se cachent dans une nonchalance et un “je-m’en-foutisme” incroyable, selon le terme de rigueur. Un terme que l’on devrait probablement aussi radier de la langue française.

Voilà, je peux commencer mon article. En disant par exemple que la politique au Mexique, c’est pas si différent que chez nous. Les mandats sont de 6 ans, mais c’est à peu près tout. Deux grands partis trustent les 4/5 des votes à chaque élection : le PRI et le PAN. Ça laisse pas beaucoup de place aux Verts ou à un éventuel Francisco Bayro.

Le PRI, ou Parti Révolutionnaire Institutionnel, est le parti de gauche. Leur PS à eux, à quelques différences près. Le PRI a perdu le pouvoir depuis l’an 2000 et l’arrivée au pouvoir de Vicente Fox, et donc du PAN. Seulement, avant cette fatale année 2000, le PRi était resté au pouvoir pendant… 70 ans.

Faut-il pour autant parler de corruption? A cette question épineuse, je répondrais par un fait et une citation :

  • Le fait : chaque année, l’ONG Transparency International publie un classement des pays du monde selon le degré de corruption perçu. Cela s’appelle “l’indice de perception de la corruption”. Et à ce petit jeu, le Mexique arrive à la 98ème place.
  • La citation : “On ne peut que rarement prouver la corruption sur une élection présidentielle. Mais ce qui est sûr, c’est que sur les 12 dernières présidentielles dans notre pays, une seule nous apporte la certitude de ne pas avoir été truquée.” Mon professeur d’analyse du Mexique contemporain.

Enfin, le vent a donc fini par tourner, et le PAN s’est installé. PAN, ça veut dire “pain”, mais aussi “Parti d’Action Nationale“. Parti chrétien social, ce qui nous prouve encore une fois la magnifique séparation Eglise-Etat. Le président actuel est Felipe Calderón, qui a l’air plutôt content d’être là :

Conservateur, opposé à l’avortement et au mariage homosexuel. C’est à peu près tout ce que j’ai à vous dire sur le bonhomme.

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Voilà, le décor est planté. Dans les mois à venir, outre les élections présidentielles, on va aussi avoir droit aux élections municipales et “estatales”. Et si on peut conclure une chose sur la communication politique, c’est qu’il en font pas trop. Enfin, à peine.

Je ne sais pas si j’avais mentionné le fait que la vue depuis mon balcon est plutôt pourrie. Aujourd’hui, elle l’est encore un peu plus, puisque voici ce que je vois :

Une candidate à la mairie de León me fixe, l’air protecteur. Jeune, belle, elle doit sûrement symboliser le renouveau du parti. Super

Du coup, je referme la porte-fenêtre, tire le rideau, attrape mon sac et file à la fac. Après deux heures, je vais me faire ma traditionnelle torta-coca à la cafét. je m’assois au bord de la fenêtre et…

Celui-là, avec son nom relativement ridicule, m’offre une transition parfaite à la suite de mon article. Sur cette affiche, son Twitter et son Facebook. En France, nous avons l’exemple parfait nous prouvant que quand tu es politique, tu ferais mieux de t’abstenir de vouloir paraître trop jeune : Nadine Morano. Déjà qu’elle a du mal à s’en sortir dans la vraie vie, alors Twitter la tire vers les abysses. (cf. ses tentatives de justification après qu’un motard de son escorte ait percuté un piéton, entre autres.)

Vouloir toucher un public jeune en faisant faire croire qu’on est toujours jeune. C’est la nouvelle tendance de la sphère politique. C’est comme les parents qui utilisent le mot “ziva” ou le verbe “kiffer” face à leurs adolescents en pleine crise. Cela ne fonctionne pas, non seulement parce que ce n’est pas naturel, mais aussi et surtout parce que le mot “ziva” n’est plus utilisé depuis 1999.

Cette tendance avait été initiée par le désormais célèbre lipdub de l’UMP, en 2010. Ce dernier commence par la phrase “Le pire risque c’est de ne pas en prendre”, mais parvient à nous prouver dans les 30 secondes suivantes que cette affirmation est fausse. Les clichés s’enchaînaient à en devenir écoeurants. Les noirs, arabes et chinois, avec un zeste d’handicapés chantaient la gloire du parti majoritaire. D’ailleurs, regardez bien, mais il semblerait que l’handicapé du début soit abandonné au pied du train. Bravo la SNCF.

Autre facteur qui m’interpelle : son signe de la main, à priori son signe distinctif, réunificateur. Comment dire… c’est le même que celui du meilleur rappeur français… Booba.

L’occasion est trop belle. Je ne peux pas passer à côté de la comparaison avec… François Hollande. Vous savez, celui qui jusqu’à cette semaine pouvait être considéré comme favori à l’élection présidentielle, jusqu’à ce qu’il dévoile… SON signe réunificateur.


Le changement, c'est maintenant: le signe de… por francoishollande

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L’obsession de Hollande c’est de réunir toute la France. Au point qu’il nous a sorti un clip de campagne identique aux derniers clips de rap ayant fait un buzz éclair sur Internet. Des raps pour le moins engagés, qui plus est. Signés Youssoupha et Orelsan, pour ne pas les citer.


Clip de campagne de François Hollande por francoishollande

Le clip de campagne de François Hollande

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“Menace de mort”, par Youssoupha

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“Suicide social”, par Orelsan

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Note post-rédaction : au moment où je m’apprête à poster cet article et que j’y ajoute les vidéos, la page d’accueil de Dailymotion propose une vidéo intitulée “Jack Lang, professeur de verlan”. J’aimerais vous dire que j’écris des conneries depuis presque une heure, mais ce n’est pas le cas.

Voilà, j’étais parti pour parler de la sphère politique mexicaine, mais je crois que j’ai un peu dérapé sur la fin. Tant pis. C’est pas comme si j’avais le droit de vote ici.

Quentin

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6 janvier, día de los Reyes Magos.

Ecrit par lossanchos dans La minute culturelle

J’aurais pas fait mieux.

Le 6 janvier, en France, nous fêtons l’Epiphanie en partageant une bonne galette des rois en famille. Super. Au Mexique, le 6 janvier est le jour des Rois Mages, un deuxième Noël. En effet, les enfants reçoivent une deuxième salve de cadeau, deux semaines après la première. Bande de petits bâtards. Bien entendu, nous, on est français, on ne reçoit donc pas de cadeaux le 6 janvier. Ce qui donne ce genre de dialogue :

Et toi, ils t’ont apporté quoi les Rois??

Euh, rien…

Ooooh, mon pauvre… !

Bah, non, ça va. Enfin, je sais pas, quoi.

Par contre, la tradition de la galette existe ici aussi. Avec quelques petites différences. Elle prend plutôt la forme d’une grande brioche en forme de cercle, surmontée de petits fruits confits. Miam. Elle est partagée entre famille ou entre amis. D’ailleurs, hier soir, alors que je me buvais un petit Coca en mode bonsoir à la cafèt’ de la fac avant mes cours, un groupe de jeunes que je ne connaissais est venu m’inviter à partager la leur. La générosité mexicaine. J’avais peut-être l’air désespéré, je sais pas.

Et là, surprise: personne ne veut obtenir la fêve ! Ici, pas de couronne, pas de reine, pas de roi, et du coup pas de trucage pour que les petits gagnent à tous les coups (ça me met la haine, déjà que la galette est dégueulasse, si en plus le jeu est truqué…). Le “vainqueur” de la fêve est chargé d’offrir une tournée de tamales à tous les amis participants le soir suivant. Sheh.

Quentin

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La Minute Culturelle : Le mot “gringo”

Ecrit par lossanchos dans La minute culturelle

Dans la langue espagnole, on croit souvent que le terme gringo permet aux hispanophones de désigner toute personne étrangère. Ce n’est pas faux. Mais ici, ce n’est pas vrai non plus. En effet, le terme gringo au Mexique ne sert qu’à désigner les personnes venant des Etats-Unis. Et même si ce n’est pas forcément péjoratif à la base, on n’est pas ravis quand les mexicains nous demandent si on est des gringos. Il suffit de penser à la haine que les mexicains nourrissent envers les américains.

Quant à l’étymologie du terme, il y a plusieurs versions. Certains avancent que cela provient d’Espagne, et que c’est une dérivation du mot “Griego”, qui signifie “grec”. Pour ma part, je penche pur une version, plus adaptée à l’histoire du Mexique. Le nom de Gringo aurait été donné aux soldats yankees, vêtus d’uniformes verts, à une époque à priori inconnue. Ceux-ci, alors qu’ils traversaient le Rio Grande, frontière entre USA et Mexique, chantaient cette chanson : “Green, Go over the Rio Grande!”. Le “Green Go” a donc été mis à la sauce espagnole pour donner le terme gringo.

Pinches gringos.

Quentin

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Curiosité de la grammaire mexicaine…

Ecrit par lossanchos dans La minute culturelle

C’est bien la peine de se faire chier depuis des années à essayer d’apprendre les bases de cette magnifique langue qu’est l’espagnol, si lorsque l’on arrive (enfin) dans un pays hispanophone, la langue parlée n’est plus la même ! Outre les différences flagrantes au niveau du vocabulaire, ce qui peut aisément se comprendre, rien qu’en prenant l’exemple franco-québécois, il s’avère que la grammaire mexicaine comporte certaines différences avec la grammaire castillane. Je vais essayer de vous expliquer le mieux possible l’exemple le plus fragrant…

L’utilisation de la deuxième personne du pluriel

Pour vous expliquer l’utilisation de la deuxième personne du pluriel, je dois d’abord passer par l’utilisation du vouvoiement.

Le vouvoiement en espagnol est marqué par les pronoms “usted” (si l’on s’adresse à une personne) et “ustedes” (si l’on s’adresse à plusieurs personnes), et s’utilise en conjuguant le verbe souhaité à la troisième personne, du pluriel ou du singulier, suivant la situation, bien entendu. C’est donc bien différent de la langue française qui se contente d’utiliser la seconde personne du pluriel, quelle que soit la situation de vouvoiement.

Pour ce qui est de la conjugaison des verbes, la langue espagnole (castillane) est très proche de la langue française, et l’on retrouve la racine de nos pronoms français dans les pronoms espagnols : Yo, tú, el/ella, nosotros, vosotros, ellos/ellas. Bien entendu, chaque personne amène une terminaison différente, comme en français.

Seulement, voilà. Dans l’espagnol “mexicain”, la deuxième personne du pluriel (vosotros) disparaît, ainsi que sa terminaison (en -ais, -eis, -ís) pour laisser la place… au vouvoiement pluriel. En gros, à chaque fois que tu dois t’adresser à plusieurs personnes, que tu les connaisses ou non, tu les vouvoie, en utilisant le pronom “ustedes”, tout en conjuguant ton verbe à la troisième personne du pluriel.

Ah, les mystères de la conjugaison, c’est ma passion. [IRONIE]

Je tiens à remercier sincèrement la personne qui aura lu cet article jusqu’au bout. Je suis conscient de la difficulté que ça a du être, je viens de l’écrire et de le relire.

Quentin

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La Minute Culturelle : l’Indépendance

Ecrit par lossanchos dans La minute culturelle

Ce soir, nous fêtons les 190 ans de l’Indépendance du Mexique. Et avant de partir fêter ça, un petit cours d’histoire s’impose…

Au départ, les terres appartenant aujourd’hui au Mexique étaient occupées par de nombreux peuples indigènes. Mais, en 1111, un groupes de chichimecas, venus d’un lieu mythique d’Amérique du Sud appelé Aztlán (d’où l’appellation “aztèques”) ont soumis ces peuples. La domination des aztèques a réduit petit à petit les peuples indigènes, et quand les espagnols arrivèrent, la plupart avaient disparus. C’est donc Hernán Cortés qui conquit Tenochtitlan, la capitale de l’empire aztèque avant de soumettre totalement les indigènes, en 1521. C’est ainsi qu’est née la Nouvelle-Espagne.

Pendant les 300 ans qu’a duré la domination espagnole,  les colons ont pratiqué une large évangélisation, jusqu’à ce qu’apparaisse un “métissage” entre cultures espagnole et sudaméricaine.

Mais les criollos, fils d’espagnols nés au Mexique finirent par réclamer l’Indépendance, car ceux-ci n’avaient pas accès au pouvoir. Cela donna le signal de départ à la Guerre d’Indépendance. L’Espagne, affaiblie par l’invasion de Napoléon n’a pas pu réagir face à la montée de la “mexicanité”, provoquée en partie par l’influence des Etats-Unis qui s’étaient récemment détachés de la domination anglaise.

Le 15 septembre 1821, le Mexique devenait définitivement indépendant.